COTE DIVOIRE: #FRONT_POPULAIRE_IVOIRIEN, CE QUE JE SAIS .Par Excellence ZADI

E. ZADI : photo prise à l'hôtel ivoire le 22 juillet 2001, lors du dernier congrès du FPI qui a désigné l'ex-camarade Affi Nguessan, président du FPI.

Publie le 5 aout 2017 a 22h 45

C'est en 1989, que j'ai eu de la sympathie pour le Front Populaire Ivoirien (FPI). J'étais à l'Université Nationale de Côte d'Ivoire au département d'histoire et je venais de lire :" PROPOSITIONS POUR GOUVERNER LA CÔTE D'IVOIRE", un ouvrage collectif dirigé par Laurent Gbagbo et qui exposait de façon claire une rupture dans la gestion des affaires de l'État en Côte d'Ivoire... Cette sympathie m'a attiré dans les milieux clandestins qui luttaient pour l'avènement du multipartisme...et de la démocratie en Côte d'Ivoire. C'est donc par conviction pour un combat de liberté que j'ai participé avec des amis et camarades de génération à bousculer l'État PDCI dès les premiers mois de l'année 1990. C'est ensemble que nous avons exprimé clairement à Houphouet Boigny et aux dirigeants du PDCI que nous ne voulons plus du parti unique, du MEECI, du PROBATOIRE... Que nous voulons désormais une liberté d'association et d'expression en dehors du MEECI, le respect des franchises universitaires... C'est ce combat mené de concert avec d'autres forces du changement composées en majorité de syndicats (Synares, Synesci, Synacaci, Synebefaci, Synapostel...) qui a contraint l'État PDCI à lâcher du lest et accorder le multipartisme. Nous étions le 30 avril 1990. Les partis politiques sont autorisés désormais d'exister en Côte d'Ivoire...Le FPI qui était déjà constitué depuis le congrès de novembre 1988 à Dabou n'eut pas de peine à se mettre en relief avec Laurent Gbagbo comme Secrétaire général...

Très vite le FPI veut prendre le pouvoir d'État et le gérer par les élections. Il crée avec l'USD de Zadi Zaourou, le PIT de Francis Wodie, le PPS de Bamba Morifere, ce que l'histoire du multipartisme a retenu comme LA COORDINATION DE LA GAUCHE DÉMOCRATIQUE. Une divergence à propos de l'élection présidentielle de 1990, amena le FPI à quitter la coalition de gauche. En effet, le FPI avait dit pour sauver et consolider le multipartisme face au PDCI, qu'il fallait se présenter contre Houphouet Boigny pour l'élection présidentielle de 1990, là où les autres demandaient une conférence nationale à l'image de nombreux pays africains qui faisaient en même temps que la Côte d'Ivoire l'expérience du multipartisme... Laurent Gbagbo se présenta à l'élection présidentielle d'octobre 1990 et obtint 18% contre Houphouet Boigny...Cela renforça son assise nationale surtout que pour les législatives, le parti obtiendra 9 députés dont la plupart étaient du pays Attie...

En février 1992, la direction du FPI est presque décapitée par des arrestations massives à la suite d'une marche organisée par l'opposition, les syndicats et la LIDHO... Laurent Gbagbo est arrêté et emprisonné... Nous sommes dans la consternation et l'abattement totale parce que nous nous demandons qu'en dehors de Laurent Gbagbo, le FPI est foutu et qu'il va disparaître... C'est dans cette période de doute généralisé que Sangaré Abdouramane, un des rares rescapés du 18 février 1992 allait se révéler à nous comme un dirigeant sur qui on pouvait aussi compter...En effet très rapidement il prendra la tête du parti, reorganisa la résistance par des meetings, tournées en demandant la libération de Gbagbo et ses camarades... Dans la recherche d'une solution, le député PDCI du plateau Jean Honoré Sea embarqua dans une aventure solitaire trois députés du FPI : ATSE JEAN, AMON CHARLES ET GOUGNAN GEORGES qui acceptèrent(de façon discrète) d'aller demander la Clémence d'Houphouet à Paris sans la permission et l'autorisation de la direction du FPI...et de Laurent Gbagbo. Ils furent sanctionnés par le FPI à leur retour de"mission". Le FPI n'a pas disparu mais s'est renforcé en s'appuyant sur ses textes...

Le 02 janvier 1993, Fraternité Matin titrait à sa Une"ANAKY KOBENAN : JE QUITTE LE FPI". Nous étions surpris car de 1990 à 1991 nous avons marché dans les rues D'ABIDJAN au cri de"Libérez ANAKY", un homme que nous ne connaissions pas mais de qui Laurent Gbagbo parlait sans cesse, parce qu'il avait été arrêté par le PDCI, au sortir du congrès constitutif clandestin du FPI de Dabou... Pour nous il était une victime de l'abus de pouvoir du PDCI. ANAKY créa le MFA avec lequel il devint un des pourfendeurs du FPI et de Laurent Gbagbo... Nous avons reçu cela comme une secousse mais cela n'a pas ébranlé le FPI...

En 1996, au congrès il y a eu divergences dans l'orientation idéologique entre Dr Don Mello, alors président du comité de Contrôle du FPI, certains partisans d'un côté et Laurent Gbagbo et d'autres partisans de l'autre côté. En effet, Don Mello en bon communiste voulait que le FPI reste dans l'idéologie socialiste telle que définie par Marx et Engels alors que Laurent Gbagbo optait pour l'économie sociale de marché...Ces divergences de points de vue ont entraîné la perte de la présidence du comité de Contrôle par Don Mello...Ce qu'il n'apprécia guère, bien évidemment...De guerre lasse, Don Mello choisit de quitter le FPI avec ses partisans pour créer leur parti politique...Don Mello, Guei Valère...et autres se mirent systématiquement en opposition au FPI, allant même à accuser Laurent Gbagbo de vouloir l'assassiner en 1998...Le FPI a résisté à cette bourrasque. Et à la prise du pouvoir en 2000, Don Mello disloqua son parti pour revenir au FPI en tant que militant jusqu'à ce qj' il devienne ministre en 2010 après avoir occupé pendant 10 ans le poste de DG du BENEDT...

Dans cette même année 1996, Dacouri Tabley Louis André, une figure importante du FPI quitta le parti...Il alla se mettre au service du RDR pour attaquer militairement et la Côte d'Ivoire...et le FPI ... Le FPI n'a pas disparu.

C'est en juillet 2001, à l'issue du Congrès dont j'étais membre(délégué de la fédération FPI de Bouaké Est)que Affi Nguessan devint le président du FPI en remplacement de Laurent Gbagbo qui était élu président de la République une année plus tôt... Ce qu'il faut savoir, Pascal Affi Nguessan a été choisi pour être seul candidat là où il avait été annoncé les candidatures de Miaka, Akoun et Affi lui même... Pour que Affi Nguessan soit accepté comme Candidat unique, il a fallu l'intervention dans des conciliabules hors congrès de Simone Gbagbo, Sangaré qui demandèrent aux autres prétendants d'accepter que Affi Nguessan soit le président du FPI parce qu'il était premier ministre et n'était pas élu... Pour ce faire le congrès fut bloqué pendant une longue période.. C'est après que les travaux ont repris avec " l'élection de Affi comme président"...Et selon les textes du parti il a été reconnu et accepté comme tel...De 2001 à 2010, il n'y a pas eu de congrès pour renouveler la direction du parti pour des raisons que tout le monde sait.

La crise au FPI est née par Affi Nguessan qui a chassé Simone Gbagbo de la direction du parti, qui dispute, actuellement, le logo du FPI aux fondateurs du parti dont Sangaré, qui a mis Oulaye Hubert, président du comité de Contrôle ... ASSOA ADOU en prison, qui a refusé d'aller au congrès en 2014...et qui s'est mis en mission contre le bon fonctionnement du parti. Et Le FPI qui veut exister en dehors des individus s'est reorganisé autour de ses textes. Ainsi au cours du congrès extraordinaire de Mama en 2015, il a exclu Affi Nguessan, accusé de déviationnisme et vu comme un rénégat de son sein... Affi Nguessan, malgré son banditisme et la voyousie de ses communicants qui ne savent rien du FPI n'est plus du FPI. Alors il ne représente plus le FPI et ne parle plus en son nom. S'il est moins courageux et incapable de faire comme les autres(par exemple SORO GUILLAUME qui bien qu'ayant aidé le RDR à avoir le pouvoir par les armes et malmené au sein du parti de Ouattara, a créé son mouvement) pour aller créer son parti, il peut avoir au moins la sagesse de demander pardon en écrivant aux instances dirigeantes pour solliciter une absolution de la faute grave. Car selon les textes du parti, c'est celui qui fait une faute grave qui est exclus. Et Affi en a fait.. Il est donc abusif et excessif d'accuser Sangaré qui lui ne fait que défendre le parti dont il est membre fondateur, en l'absence de son frère Laurent Gbagbo, momentanément retenu en otage par la France à La Haye.

AFFI PEUT QUITTER LE FPI ET LE FPI NE DISPARAÎTRA PAS... Alors ne nous laissons pas mener en bateau par ceux là même qui ne savent rien du FPI et se sont mis ensemble pour le saborder.


Zadi Excellence
#Afrikanewsmultimiedia.com