COTE DIVOIRE INTERVIEW EXCLUSIVE / PULCHERIE GBALET ,Pdte du FORSCI, EST CATEGORIQUE :"Le manque de volonté politique pour une vraie réconciliation est évident, et cela ne vient pas seulement des dirigeants, mais de toute la classe politique."

Pulcherie Gbaalet : "Il est temps de compter sur nous-mêmes pour créer le changement"

Suite à la présentation de son nouveau plan de paix et de réconciliation le 15 novembre 2017 dernier à Abidjan Afrikanewsgroup a décidé d’accorder une interview à la présidente du FORSCI afin qu’elle explique à ses lecteurs les détails de ce plan.

 

Afrikanewsmultimedia: Présidente vous venez de faire une nouvelle proposition pour la réconciliation et la paix en CI, croyez-vous sincèrement que votre analyse de la situation est vraiment objective au point de prendre en compte tous les points de vue des ivoiriens au pays et en dehors ?

PDTE .PULCHERIE GBALET :

Vraiment merci pour cette opportunité que vous nous donnez de présenter notre projet.

Notre analyse de la situation nous semble très objective, en ce sens que face à l’absence de dialogue entre l’opposition et le Gouvernement, et l’absence de prise en compte des aspirations des ivoiriens dans les tentatives de réconciliation mises jusque-là en œuvre, il y a un manque de réalisme évident quand tous les politiciens se projettent en 2020.

Nous, en notre qualité de faitière de la société civile, sommes très inquiets. La réconciliation s’impose donc à nous pour ouvrir le dialogue sur les questions sensibles avant 2020. Et si les politiciens ne s’en soucient pas, c’est à nous le peuple de l’exiger, car qui mieux que nous-mêmes peut veiller sur nos intérêts ?

Nous affirmons donc que notre nouvelle proposition pour la réconciliation est opportune et essentielle pour qui veut la paix et la restauration effective de notre pays. Et cette proposition, à travers ses consultations prendra en compte les points de vue de tous les ivoiriens, même ceux qui sont hors du pays car après avoir parcouru toutes les communes du district d’Abidjan, nous irons vers les exilés.

 

Afrikanewsmultimedia :  Au vu de ce qui se dit par ci et par là tous les ivoiriens semblent s’accorder sur le manque de volonté politique des dirigeants à aller à une sincère réconciliation en Ci. Dans un tel cas ne pensez-vous pas que tous vos efforts risquent d’échouer dans un tel environnement ?

 

PDTE .PULCHERIE GBALET :

 

Le manque de volonté politique pour une vraie réconciliation est évident, et cela ne vient pas seulement des dirigeants, mais de toute la classe politique. C’est justement pour cela que nous voulons prendre nos responsabilité en tant que société civile, pour dire aux dirigeants et aux autres politiciens, ce que veut le peuple.

Nous pensons que nous n’échouerons pas parce que nous serons méthodiques et nous procéderons de façon très simple qui obligera le Gouvernement à s’impliquer :

-         Nous allons former les leaders communautaires et les leaders d’associations et des membres de leurs bureaux aux valeurs démocratiques et citoyennes. Cette formation leur permettra de comprendre le droit à la différence et les bases d’une bonne cohabitation. Ces leaders sont invités en collaboration avec les Mairies.

-         Pendant la formation, nous menons une consultation auprès des participants pour recueillir leurs aspirations pour une réconciliation vraie. A notre humble avis, après avoir bouclé les dix (10) communes d’Abidjan, Anyama et Bingerville, nous aurons l’essentiel des aspirations du peuple. Nous espérons boucler les formations dans le courant du mois de décembre 2017.

-         Nous visiterons parallèlement certains prisonniers et les exilés pour recueillir leurs aspirations.

-         Nous inviterons tous les acteurs de la société ivoirienne à un atelier de restitution et de réflexion. Cet atelier sera sanctionné par des recommandations qui seront portées aux dirigeants du pays.

-         De leur réaction à la volonté du peuple, dépendra la suite des actions.

 

Afrikanewsmultimedia: Le FORSCI a son avènement a suscité beaucoup d’espoirs chez bon nombres d’ivoiriens au vu des nombreux problèmes sociaux, de violations des droits de l’homme, des emprisonnements et négations diverses sans oublier l’insécurité chronique. A ce jour, êtes-vous satisfaits des actions menées sur le terrain par votre coalition face aux attentes des ivoiriens ?  

 

PDTE .PULCHERIE GBALET :

Merci à tous ceux qui nous ont soutenus dès le départ et qui continue de nous faire confiance.

Nous avons soutenu plusieurs corps socioprofessionnels dont les journalistes contre les lois jumelles, les entreprises de pompes funèbres contre le monopole d’Ivosep, les souscripteurs d’agrobusiness face à l’injustice qu’ils ont subi. Nous avons également réagi sur plusieurs problèmes d’ordre général tel que l’insécurité, l’augmentation de l’électricité et récemment la FESCI.

Nous sommes satisfaits parce que nous avons constaté que plusieurs croient en nous et certains dossiers ont abouti mais nous sommes déçus par deux obstacles majeurs ; le manque criard de liberté d’expression et la psychose qui en découle au niveau des populations réprimées. Ces deux obstacles antidémocratiques inhibent les initiatives pacifiques. Nous pensons que le second problème sera réglé après les formations qui permettront aux populations de mesurer davantage leur responsabilité.

Vous savez les gens se plaignent beaucoup, mais lorsqu’il s’agit de se lever pour protester, chacun compte sur les autres, et finalement, la mobilisation n’est pas à la hauteur des attentes.

Nous profitons de cette question pour exhorter chacun à être dans un esprit constructif et à nous approcher pour apporter sa contribution. Les critiques ont certes leur utilité, mais il est préférable de mettre la main à la pâte. C’est en mettant ensemble nos intelligences et nos capacités que nous serons forts.

 

Afrikanewsmultimedia: Les Ivoiriens les plus sceptiques croient que votre initiative actuelle ne sera qu’une goutte d’eau dans la mer face au refus de fait de réconciliation du régime Ouattara qui est d’ailleurs le plus grand diviseur et déstabilisateur de la paix en Côte d’ivoire. Les plus optimistes pensent que vous devriez ajouter à votre plan de paix et réconciliation un autre plan de lutte et de revendication, en synergie avec l’opposition significative, sur le terrain des marches et protestations face au régime qui semble sourd à tous les cris et pleurs des ivoiriens. Qu’en pensez-vous ?

PDTE .PULCHERIE GBALET :

Vous savez, nous avons tous vécus la crise ivoirienne et nous savons tous qui sont ceux qui sont à la base de tout ce que nous vivons actuellement. Si le régime ne semble pas favorable à la vraie réconciliation, est-ce une raison pour ne rien faire et prospérer dans des marches improductives ? Même l’opposition qui est la plus grande mobilisatrice a-t-elle déjà menée une marche à terme ? Dès que la marche commence, la répression fait reculer les marcheurs, à commencer par les leaders eux-mêmes. Les gens réclament donc des marches et des protestations sans assumer.

Moi je suis syndicaliste à la base. Je ne peux lancer une protestation que lorsque le dialogue est inexistant ou bloqué. Par rapport à la réconciliation, nous sommes entrain de travailler à ouvrir le dialogue en faisant nos propositions au Gouvernement, à l’issue de nos formations et nos consultations.

Si le Gouvernement est réceptif et crée le cadre pour aller à la vraie réconciliation, nous serons très heureux car c’est de la responsabilité du Gouvernement d’être à l’écoute du peuple et de tendre la main à l’opposition.

Mais si par contre le Gouvernement est sourd à nos propositions, nous prendrons à témoin la communauté nationale et internationale et nous prendrons nos responsabilités. Nous aurons au moins montré notre bonne foi en utilisant une démarche dans le sens de la conciliation.

 

 Afrikanewsmultimedia : Une bonne partie des ivoiriens pense que la libération de Laurent Gbagbo et de Ble Goude sera un grand coup déclencheur de la véritable réconciliation des ivoiriens et de la paix. Les centaines d’ivoiriens détenus en Côte d’Ivoire qui attendent aussi leurs libérations tout comme le retour sécurisé des exiles ne seront-ils pas de grands signes d’apaisement ?   Qu’est-ce que vous en pensez au FORSCI ?

PDTE .PULCHERIE GBALET :

C’est évident que la libération de tous les prisonniers politiques et le retour des exilés sont des conditions majeures pour une réconciliation véritable, mais comment obtenir leur accomplissement sans dialogue ? Que nous le voulions ou non, à moins de faire un coup d’Etat, c’est dans le cadre du dialogue que nous pouvons discuter de ces questions. Si le Gouvernement qui est le premier responsable de la paix ne crée pas ce cadre et que les opposants sont dans leur orgueil, c’est à nous le peuple de prendre nos responsabilités à travers les organisations de la société civile comme le FORSCI. Pourquoi croyez-vous que nous entreprenons cette campagne ?

C’est pour mesurer la soif du peuple d’aller à la réconciliation, sensibiliser les plus sceptiques, mais par-dessus tout SUSCITER LA CREATION D’UN CADRE DE CONCERTATION POUR EVACUER LES PREALABLES. Nos consultations servent à recueillir tout ce qui pourrait faire obstacle à la réconciliation VERITABLE et à ouvrir le dialogue afin de libérer les ivoiriens et restaurer la Côte-d’Ivoire.

Si le processus est engagé, la libération des prisonniers et le retour des exilés iront de soi et le contexte en sera décrispé pour régler les autres problèmes, tels que l’indemnisation de toutes les victimes de la crise post-électorale.

Nous pensons au FORSCI qu’une amnistie générale sera le vrai déclencheur de la réconciliation parce qu’elle aura l’avantage de libérer tous les prisonniers, de libérer les prisonniers en sursis et d’aider tout le monde à se sentir libre de tendre la main aux autres. Nous verrons si à l’issue de nos consultations, ce sera aussi l’avis de la majorité.

 

Afrikanewsmultimedia : La pauvreté, la division et la méfiance généralisée rend votre pays très fragile dans une sous-région elle aussi tourmentée avec le terrorisme au Mali au Burkina Faso et au Nigeria. Avec un regard panafricaniste, croyez-vous que la Cote d’ivoire a encore un rôle prépondérant dans la lutte contre insécurité, la grande pauvreté et pour la démocratisation en Afrique ? Et quel devra être ce rôle selon vous ?

PDTE .PULCHERIE GBALET :

A mon humble avis, la Côte-d’Ivoire a perdu sa place de leader et n’est plus un modèle en rien. Si économiquement, elle a encore un peu d’ascendance, sur les autres chapitres, elles loin de pouvoir en imposer aux autres pays pour prétendre contribuer à les faire avancer.

Bien au contraire, la Côte-d’Ivoire doit chercher à se relever, à se reconstruire et à expérimenter la vraie démocratie. Sans la réconciliation VRAIE, nous ne ferons que régresser sur tous les plans. Nous sommes déjà dans un contexte lamentable de pauvreté, d’insécurité et de régression démocratique. Nous sommes donc incapables de jouer un quelconque rôle pour aider les autres pays. C’est pour cela que le FORSCI, au-delà de tous les problèmes existants, veut travailler à reconstruire MORALEMENT et CIVIQUEMENT les ivoiriens pour guérir la Côte-d’Ivoire.

 

Afrikanewsmultimedia: Vous n’êtes pas politique certes, mais quel est votre espoir pour votre pays et pour l’Afrique dans les deux prochaines années, a la veille de 2020, face aux défis majeurs de ce monde en pleine crise économique, sociale et sécuritaire ?

PDTE .PULCHERIE GBALET :

Dans ce monde en pleine crise, mon espoir pour la Côte-d’Ivoire avant 2020, c’est la réconciliation réelle et l’avènement d’une société civile plus responsable, non manipulable, qui a voix à tous les chapitres. C’est cela qui motive notre campagne pour que les ivoiriens acceptent de réclamer la réconciliation par tous les moyens et avec détermination, au risque de refuser de participer aux élections « suicidaires ». Je souhaite qu’à partir de ce combat le peuple soit respecté et consulté désormais, au lieu de n’être qu’un instrument pour les politiciens.

Pour l’Afrique, j’espère le développement du panafricanisme sans lequel l’Afrique ne se relèvera jamais. C’est grâce à une société civile forte et à un mouvement panafricain fort que nous arriverons à débarrasser l’Afrique de ses mauvais dirigeants pour susciter une nouvelle génération de dirigeants dignes et incorruptibles qui vont donner à l’Afrique sa place de Berceau et nourricière de l’humanité sans demeurer l’éternelle assistée. C’est vraiment ridicule d’être éternellement la pourvoyeuse aveugle qu’on dépouille.

 

 Afrikanewsmultimedia: Votre mot de la fin à l’endroit des ivoiriens et des africains qui vous suivent et vous font confiance ?

PDTE .PULCHERIE GBALET :

Mon mot de fin à l’endroit de mes frères ivoiriens est de les exhorter à se lever pour leur pays. Nous restons trop dans les discours. Il est temps de compter sur nous-mêmes pour créer le changement au lieu de non seulement compter sur les autres, mais étouffer les initiatives de ceux qui ont le courage d’assumer leurs convictions. Le FORSCI a été créé pour susciter une société civile forte. Que tous ceux qui veulent s’exprimer de façon constructive viennent au FORSCI et ensemble nous travaillerons pour notre pays.

A mes frères africains, je dirai d’arrêter de nous sous-estimer et de nous laisser écraser par des dirigeants irresponsables, égocentriques et à la solde des impérialistes. Nous devons nous lever dans chacun de nos pays et créer le cadre pour partager et nous soutenir à travers le panafricanisme. Nous devons nous mettre au service de notre continent et travailler à l’avènement d’une VRAIE Union Africaine libre et restauratrice de notre dignité bafouée.

 

FIN

 Interview réalisée par Charles Malone Mayomo

Email :laredaction@afrikanewsmultimedia.com / mspdinfos@gmail.com

#LIBEREZGBAGBONOW

#AFRIKANEWSGROUP

#REZOPANACOM

Pulcherie Gbalet en tournee a travers Abidjan

De Treichville a Yopougon le FORSCI avance deja

La Societe Civile ivoirienne entend contribue a apaise le pays avant 2020

LE FORSCI SE DEPLOIE SUR LE TERRAIN