AFRIQUE DU SUD : ÉLU PRÉSIDENT DE L'ANC, CYRIL RAMOPHOSA CLÔTURE LA 54e CONFÉRENCE DU PARTI.Par Excellence ZADI

Publie le jeudi 21 decembre 2017 a 16 h 15
 
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Dans son discours de clôture de la conférence (Congrès du parti) de L'ANC, le nouveau président Cyril Ramophosa a lancé un appel à l'unité du parti en déclarant :"à l'issue de cette conférence, nous savons que l'ANC ne peut être forte et efficace sans une alliance forte, qui suscite l'unité et la cohésion". Il a pris le contre-pied du président sortant Jacob Zuma qui dans son discours bilan, avait critiqué samedi les vétérans, la COSATU, et le parti communiste alliés de L'ANC. Pour son programme économique et social, le président élu a adopté la principale orientation de la conférence. Il a dit :"lors de cette conférence, nous avons décidé que l'expropriation des terres sans compensation doit faire partie des leviers disponibles pour que le gouvernement mène à bien sa politique de redistribution des terres...".

QUI EST EN RÉALITÉ CYRIL RAMOPHOSA ?

Pour faire connaissance du nouveau patron de l'ANC qui peut devenir le prochain président de l'Afrique du Sud, faisons appel à un texte de Christian d'Alayer qui nous présente CYRIL RAMOPHOSA.

"Connaissez-vous Cyril Ramaphosa ?

On parle toujours de Mandela car, en fait, il ne s’est pas vengé contre les Blancs. Mais le chef de la rébellion armée n’est pas le vrai vainqueur de l’Apartheid en Afrique du sud, contrairement à Robert Mugabe dans l’ex-Rhodésie. Voici le portrait de l’un des vrais vainqueurs avec l’actionnariat américain…

Thabo succéda à Nelson puis Jacob remplaça Thabo. Et l’on en oublia Cyril, le si brillant Ramaphosa qui quitta la politique en 1996 après avoir, (excusez du peu ), été le vrai responsable de la fin de l’Apartheid grâce à la grande grève des mineurs qu’il lança en 1987 (toutes les mines sud africaines arrêtées pendant 3 semaines) et dont le syndicat qu’il avait créé, le plus puissant ayant jamais existé dans le pays (300 000 membres, la moitié des mineurs sud africains), « boosta » définitivement l’ANC en rejoignant le mouvement de Mandela sous la houlette d’une autre de ses créations syndicales, le Congress of South African Trade Unions(COSATU).

Certes, la lutte armée dirigée par les grandes familles noires et le parti communiste sud africain connût quelques succès, loin toutefois d’égaler ceux enregistrés par Mugabe au Zimbabwe (déroute totale de l’armée de Ian Smith) Mais les risques de grèves internes de plus en plus dures face à la mobilisation des actionnaires américains contre leurs entreprises installées en Afrique du Sud eurent nettement plus de poids dans la décision des Anglo-Saxons d’Afrique du Sud de jeter l’éponge et de négocier avec l’ANC.

- Il a été également le principal négociateur de la sortie de l’Apartheid avec le gouvernement de De Klerk. Certes, les Blancs sortirent Nelson Mandela de sa prison afin de pouvoir négocier avec quelqu’un de « comme il faut » (Mandela est le fils d’un chef coutumier Xshosa) mais le futur président sud africain ne put que confier à l’homme du peuple qu’est Ramaphosa le soin de discuter avec les émissaires du président blanc : du fait de son ralliement à l’ANC, les troupes de cette dernières étaient majoritairement syndicales et Ramaphosa était le dirigeant de fait de l’organisation.

- Il a été le principal concepteur de la nouvelle constitution sud africaine. Là encore parce que l’ANC était derrière lui mais aussi parce que cet avocat de formation connaissait bien le droit. Le brillant Cyril fut d’ailleurs président en titre de l’Assemblée constituante…Mais Nelson Mandela, sur le point de quitter le pouvoir en 1996, choisit Thabo Mbeki comme successeur, son jeune camarade de combat et le fils d’amis proches. Choix sans doute et aussi motivé par le souhait de ne pas effaroucher les capitaux blancs, comptant pour 95% dans la formation brute de capital fixe du pays : Mbeki l’économiquement modéré était à cet égard préférable au syndicaliste Ramaphosa. Lequel reçut le message « 5/5 » si l’on peut dire, en quittant définitivement la sphère politique pour se lancer dans un autre combat, celui du Black Economic Empowerment, du nom de l’organisme créé par les nouveaux dirigeants pour que les Noirs remplacent progressivement et aussi les Blancs à la tête des entreprises privées. Et il ne fera pratiquement plus parler de lui au plan politique, si l’on excepte une accusation stupide de Mbeki voulant absolument le mêler à un complot médiatique ainsi qu’ à la spéculation justement médiatique faisant croire à son possible retour après le limogeage de Thabo Mbeki : c’est en fait un autre syndicaliste, Jacob Zuma, qui est arrivé au pouvoir, très certainement avec l’approbation de Ramaphosa qui voyait en l’avènement de son camarade une revanche sur les « fils de riche » qui l’avaient éjecté de la politique. Car l’homme n’est certainement plus intéressé du tout par cette sphère d’influence. Bien en effet que Mbeki ait privé de moyens financiers le Black Economic Empowerment dirigé par son ex rival, celui-ci a réussi quand même à bâtir un embryon d’empire économique « black » Et vient aujourd’hui de racheter les licences McDonald dans toute l’Afrique du Sud après avoir été inclus par le magazine américain Forbes dans la liste des 40 plus grandes fortunes africaines.

Commençons par le commencement, soit la constitution progressive de l’empire. Peu de Noirs, au lendemain de la fin de l’Apartheid, étaient en mesure de s’immiscer dans les conseils d’administration des grandes entreprises sud africaines tandis que les banques ne prêtaient pas aux PME « black », les empêchant de croître. Ramaphosa s’est donc servi de son réseau syndical pour constituer le socle de ses investissements. Tout simplement en rassemblant des fonds de retraites au sein d’une société d’investissement, New Africa Investment Limited (Nail), dont il fut nommé président."

Par EXCELLENCE ZADI

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