COTE D'IVOIRE-REVELATIONS . UN RAPPORT DES PARLEMENTAIRES FRANCAIS POUR LES INVESTISSEURS FRANÇAIS. Par Alexis Bavoro GNAGNO

 
 Publie le 1er Mars 2018 a 8h50

En avez-vous entendu parler ? C'est un rapport qui est passé un peu inaperçu, mais ça concerne la Côte d'Ivoire.

Le 15 février 2017, Philippe Cochet, président d'une mission de parlementaires français en Côte d'Ivoire, a livré les conclusions d'une enquête à travers un rapport dont le but est de " faire le point sur la situation dans le pays après l'arrivée au pouvoir d'Alassane Ouattara, en vue notamment, d'encourager et de mieux orienter les investisseurs français." Pour cela, dit-il, il faut " lever les idées toutes faites sur la Côte d'Ivoire ". Voilà qui a le mérite d'être très clair ! Il s'agit donc d'une mission d'enquête afin " d'encourager et de mieux orienter les investisseurs français". Il n'est dès lors pas étonnant qu'on reste sur sa faim parce qu'il y a un souci constant de ménager la chèvre et le chou, de ne pas situer les responsabilités des uns et des autres. A de multiples reprises , les parlementaires français bottent en touche en renvoyant cette responsabilité aux ivoiriens quand il s'agit d'être précis ou de prendre position sur certaines questions, surtout sur les questions politiques car pour eux " Il appartient aux Ivoiriens, aux historiens et à la justice de se prononcer sur les responsabilités et les manquements des uns et des autres.". Ils refusent en tout cas de se livrer à un tel exercice parce que disent-ils, " Cela conduirait à analyser en détail une longue crise, qui a commencé en réalité avec la disparition du président Houphouët Boigny et a connu de nombreux et tragiques rebondissements." Une curieuse façon de se dérober car on n'a pas besoin, en réalité, de remonter à l'époque du président Houphouët-Boigny pour livrer une analyse de la crise que la Côte d'Ivoire a vécue et continue de vivre et dans laquelle la France a joué un grand rôle, un rôle décisif.

Mais, même en faisant semblant de s'en remettre au seul jugement des ivoiriens, les parlementaires français essaient d'amener l'opinion à tirer les conclusions qu'ils attendent d'elle.

« les résultats des législatives de décembre 2016 illustrent à quel point la stratégie d'Affi N'Guessan peine à rassembler l'électorat du FPI », lit-on dans ce rapport.. On pourrait penser ici par exemple que les parlementaires français, qui disent avoir enquêté, ne savent pas pourquoi Affi Nguessan ne rassemble pas alors qu'ils le considèrent comme le chef du FPI et de l'opposition malgré ses déboires électoraux répétés et son incapacité à former aujourd'hui un groupe parlementaire à l'Assemblée nationale. Ils notent quand même un certain succès du boycott dont le " niveau particulièrement élevé dans les régions qui soutenaient traditionnellement Laurent Gbagbo suggère néanmoins que la consigne de boycott donnée par une partie des militants de l'opposition trouve un certain écho ». Mais quelle est donc cette opposition dont parlent les parlementaires français, qui ont enquêté, et qui aurait appelé au boycott ? Le plus simple ici n'aurait-il pas été de désigner clairement ces " militants de l'opposition " dont le mot d'ordre de boycott a trouvé un certain écho pour ensuite faire un lien entre l'échec de l'un et la réussite du boycott ? Entre l'illégitimité de l'un et la légitimité des autres ? En effet, n'est-ce pas parce que les gens ont massivement boycotté l'élection qu'on peut dire qu'un homme politique qui a appelé les électeurs à aller voter massivement et qui participait à cette élection, n'a pas rassemblé , et que « la stratégie de rassemblement de cet homme » a échoué? Il aurait donc fallu aller courageusement à cette conclusion logique, mais les parlementaires français, qui évoquent " le faible taux de participation à ce scrutin " du 18 décembre 2016 " préfèrent laisser les ivoiriens tirer eux-mêmes les conclusions. Avouons que ce n'est pas très courageux quand on a fait 6000 kilomètres pour " enquêter sur une situation. « Il n'appartient pas à votre rapporteur d'exposer les raisons qui ont conduit à cette situation qui pèse lourdement sur la vie politique de la Côte d'Ivoire et hypothèque le retour à un fonctionnement démocratique apaisé » dit le rapporteur. On ne saura donc pas ce que pensent les parlementaires français sur ce point.

Les parlementaires français se demandent . « Faut-il incriminer l'ancien président et les leaders du FPI de ne pas accepter l'issue de la crise de 2010 ou bien les dirigeants actuels et la communauté internationale? » . On voit ici qu'ils s'interrogent si c'est parce que " l'ancien président et les leaders du FPI » ,refusent d'accepter l'issue de la crise de 2010 , mais ne disent pas pourquoi on pourrait incriminer " les dirigeants actuels et la communauté internationale". On pourrait pourtant accuser cette communauté internationale d'avoir fait un coup d'état et d'avoir imposé un homme. Il y a donc là une forme de suggestion, comme s'ils voulaient aider les lecteurs du rapport à désigner les responsables de la situation que connaît le pays.

Dans ce rapport, les députés français disent aussi relayer le sentiment des ivoiriens d'une « justice des vainqueurs ». Donc ceux qui ont enquêté ne tirent eux-mêmes aucune conclusion sur la partialité ou l'impartialité de la justice. Ils rapportent simplement ce que ressentent les ivoiriens pour qui « Le fait que seuls Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé aient été transférés à La Haye accentue la perception que la justice est partiale ». Doit-on s'en étonner alors qu'ils ont bien dit que leur rapport est d'abord destiné aux investisseurs français, donc à rassurer ces potentiels investisseurs en levant " les idées toutes faites". ? D'ailleurs nous allons voir avec ce qui suit comment le sort des ivoiriens est le dernier de leurs soucis

Selon ce rapport, « plus de 200 personnes du camp de l'ancien président » sont en détention préventive dans le cadre de la crise post-électorale. Et c'est vraiment là que ces parlementaires français qui disaient laisser le soin aux ivoiriens d'en juger se dévoilent complètement. Et ils l'écrivent sans état d'âme, sans avoir interrogé le droit ivoirien, et malgré la longue durée de cette détention ! Ceux qui sont en prison depuis bientôt six ans sont " en détention préventive" !!!. Où ont-ils appris qu'une détention préventive peut durer six ans? Le fait même de cacher cette triste et cruelle réalité est déjà sinon une forme de complicité tout au moins un encouragement tacite au régime Ouattara à maintenir en prison des innocents.

Alexis Bayoro Gnagno avec Excellence Zadi

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