COTE DIVOIRE/USA :INTERVIEW AVEC DR ERIC EDI SUR LE COLLOQUE DU 30/31 MARS 2018 AU MARYLAND: "Le thème choisi reflète la position du C.A.C.I qui est qu’une paix durable en Côte d’Ivoire passe inéluctablement par le départ du régime d’Alassane Ouattara et l’instauration d’une transition politique pour garantir un nouveau contrat social et politique et réparer la fracture sociologique criarde que connait le pays."

Le Dr Eric EDI ici en blanc en reunion

 

 Publie le 19 mars 2018 a 1h02

Afrikanewsgroup: Dr Eric EDI vous êtes le président du CACI USA et nous apprenons que vous organisez un Colloque sur la Côte d’ivoire à la fin de ce mois. Quels sont les raisons et le thème de ce colloque ?

 

Oui bonjour camarade. Je voudrais d’abord préciser que je ne suis pas Président mais Secrétaire Exécutif du CACI, entendez : Comité d’Actions pour la Côte d’Ivoire aux USA. Les 30 et 31 mars 2018, nous organisons dans l’État du Maryland un colloque sur le thème : « Horizon 2020, pour une Transition démocratique et apaisée en Côte d’Ivoire. » Le thème choisi reflète la position du C.A.C.I qui est qu’une paix durable en Côte d’Ivoire passe inéluctablement par le départ du régime d’Alassane Ouattara et l’instauration d’une transition politique pour garantir un nouveau contrat social et politique et réparer la fracture sociologique criarde que connait le pays. Trois raisons justifient la tenue du colloque. Premièrement, en sept ans d’exercice d’un pouvoir inconstitutionnellement acquis, le régime d’Alassane Ouattara a fait disparaitre l’état de droit. Deuxièmement, nous disons qu’en l’absence d’une justice sociale effective, il est illusoire de penser qu’une élection peut conduire à la stabilité. Enfin troisièmement, les élections organisées en Côte d’Ivoire sous l’ère Ouattara n’ont fait qu’accroitre la fracture sociologique et politique.

 

A ces trois raisons, il faut ajouter les appels à la réconciliation de ceux ou celles qui ont mené ou soutenu la rébellion armée de 2002 à 2011 ou qui en jouissent des retombées. Je veux parler des Evariste Meambly et autres Soro Guillaume qui, en 2017, ont sonné leurs trompettes de la réconciliation. Leurs initiatives, que nous ne saluons pas du tout, veulent dire qu’on ne peut plus faire l’économie de la réconciliation nationale. Il est donc impératif que les forces du changement, les patriotes, souverainistes et opposants y compris, regardent 2020 comme la fin du règne d’Alassane Ouattara et l’opportunité de mettre une fin définitive à l’instabilité dans laquelle le pays s’est installé depuis deux décennies. C’est vrai que certains de nos partenaires jugent cette idée radicale et impossible à cause du rapport de force sur le terrain. Mais nous disons que les exemples de la Conférence nationale version Francis Wodié en 1990, la Convention pour une Afrique du Sud Démocratique (CODESA), et enfin la transition au Burkina Faso en 2014 offrent des pistes de réflexion et de succès. A partir de ces exemples et biens d’autres nous voulons bâtir un modèle de transition qui tienne compte des spécificités de la Côte d’Ivoire.

 

Afrikanewsgroup:Qui vous attendez à ce colloque et qu’attendez-vous des participants ?

 

Nous attendons une diversité de personnes et d’organisations à ce colloque. De l’Europe le camarade Boga Sako conduira une délégation. Aux USA, les partis politiques tels que le FPI, L’AIRD, L’UNG, LE MFA sont conviés. Les organisations des ivoiriens, les membres du clergé sont conviés. Bien entendu, nous attendons aussi la participation des camarades du Togo, Burkina Faso, Gabon, etc., avec qui nous avons organisé des actions collectives devant le siège des Nations-Unies ou la Maison Blanche pour protester contre les violations des droits des hommes, l’hégémonie de la France, et quelques fois pour dénoncer l’orientation de la politique africaine des Etats-Unis.  

 

Afrikanewsgroup:Quels sont les détails pratiques et organisationnels que vous pourriez donner aux éventuels participants ?

 

Le colloque commence le vendredi 30 mars 2018 à 18 heures. La session d’ouverture durera trois heures. Une projection de film suivie d’une discussion et un léger rafraichissement sont prévus. Le samedi 31 mars 18, les activités dureront de 10 :00 à 17 :00. Nous aurons les interventions des délégations et les travaux des commissions. Quatre commissions vont travailler sur des sous-thèmes que sont : la sécurité, la réconciliation nationale, les réformes institutionnelles, et la transition. En gros, il est question de réfléchir, débattre et proposer. Nous attendons que les participants choisissent les commissions de leur choix et apportent leurs contributions effectives pour faire prospérer la voie de la transition politique. Une plénière d’une heure mettra fin aux travaux en commission avant la cérémonie de fin du colloque.

En ce qui concerne l’hébergement, nous avons pris des dispositions pour les délégations étrangères notamment pour les délégations. Cependant, ceux/celles qui le souhaitent peuvent réserver à leurs comptes propres leur chambre en appelant le 301 572 7100. Les repas au cours du colloque seront gracieusement offerts aux participants. Enfin, nous sommes en train de régler des détails concernant la participation à distance pour certains au moyen des technologies du moment comme Facebook live, etc.

 

Afrikanewsgroup:Votre colloque arrive pendant une période ou votre pays est secoué par de nombreuses crises sociales et politiques entre les membres du RHDP, et aussi à propos des crimes rituels devenus monnaie courante avec plus de 42 assassinats d’enfants et de moins jeunes en moins de deux mois nous dit-on.

 

Oui c’est tout cela qui motive notre appel à une transition politique en Côte d’Ivoire. Nous commencerons d’abord par saluer la mémoire des victimes des crimes rituels et dire notre compassion à leurs familles. La perpétration continue de ces crimes est symptomatique de l’état de non-droit que le régime d’Alassane Ouattara entretient depuis 2011. Quand on refuse de punir la barbarie des « enfants microbes » qu’Hamed Bakayoko appelle des enfants en conflit avec la loi (concept vide de sens), on fait l’apologie et le lit de toutes sortes de violence. Dans ce même contexte, nous assistons sans surprise à l’escalade de la violence verbale entre les alliés du RHDP. Cette violence verbale des Bictogo, Kandia et autres contre les Billon et Djikahué ou contre les partis de l’opposition indiquent que la bataille pour la prise ou la conservation du pouvoir se fera encore dans la violence. C’est pourquoi, nous estimons que la solution c’est d’abord la fin du régime d’Alassane Ouattara. Enfin, nous entendons de nouveaux appels des partis de l’opposition à la reformulation de la Commission Electorale et les meetings annoncés. Nous saluons cela. Mais au-delà, le C.A.C.I appelle EDS à demander le départ d’Alassane Ouattara. Cet appel rassemble en lui tout seul des enjeux importants de la situation ivoirienne.

 

Afrikanewsgroup:A qui s’adresseront les conclusions de votre colloque et que feriez-vous pour leur mise en œuvre ?

 

Les conclusions du colloque vont s’adresser d’abord à nous-mêmes en tant qu’acteurs politiques ivoiriens. Elles vont nous servir de boussole pour les deux années qui nous séparent de la borne supérieure qui est 2020. Ensuite, les conclusions s’adresseront à nos partenaires des forces du changement, partis politiques et organisations de la société civile. Enfin, s’ils en sont capables de s’ouvrir au diktat des idées, les conclusions s’adresseront aux animateurs du régime au pouvoir. La mise en œuvre des conclusions sera décidée aussi au colloque.

 

Afrikanewsgroup:Votre mot de la fin ?

 

Je remercie Africanews pour cette opportunité. Nous invitons les Ivoiriens et Ivoiriennes des Etats-Unis, du Canada à réfléchir avec nous et s’approprier la transition politique. Cette idée n’est pas extraordinaire. Nous invitions Africanews à suivre en Facebook cet évènement. Je voudrais féliciter les camarades membres des organisations du CACI pour leur ténacité et leur engagement. En six années d’activités, nous avons parcouru du chemin. Le colloque est un autre virage que nous allons négocier avec beaucoup d’expérience. Merci encore à ceux et celles qui nous rejoindront depuis l’Angleterre, l’Italie, la France, et les Etats-Unis.

Je vous remercie.   

 Afrikanewsgroup: Cest nous qui vous remercions et vous souhaitons de tres bons travaux

 

Interview réalisée par Charles Malone MAYOMO

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