Côte d'Ivoire. La Société civile demande une Amnistie générale au dictateur Ouattara qui fait le sourd . Voici le texte integral du FORSCI

Pulchérie E. GBALET, présidente du FORSCI.

CRISE DES PRISONNIERS POLITIQUES 

Depuis   le 31 mai 2018 le FORSCI a déposé sur la table du chef de l'Etat Alassane Ouattara une demande d’Amnistie générale pour les prisonniers politiques  , Un courrier de relance en date du 4 juillet 2018 est également resté sans réponse.
Ci-dessous en intégralité la demande d'Amnistie adressée au chef de l'Etat.

Demande d'une Amnistie générale du Forsci adressée au chef de l'Etat Alassane Ouattara

A monsieur le Président de la République de Côte-d'Ivoire

Objet : Demande d'une Amnistie générale
Excellence Monsieur le Président de la République,

Nous avons l'honneur de porter respectueusement à votre connaissance ce courrier en vue de vous présenter notre modeste contribution pour une paix et une Réconciliation véritables entre les Ivoiriens et tous ceux qui nous font l'amitié de vivre chez nous.

Avant toute chose, Nous tenons à vous remercier pour vos efforts en faveur de la paix et de la cohésion sociale. En effet, vous avez entre autres, créé un Ministère pour la solidarité qui a en charge la cohésion sociale, et mis sur pied une Commission Dialogue Vérité et Réconciliation (CDVR) par ordonnance N" 2011-85 du 13 mai 2011 remplacée ensuite par l'ordonnance N® 2011-167 du 13 juillet 2011, et ensuite, la Commission Nationale pour la Réconciliation et l'Indemnisation des Victimes (CONARIV) en mars 2015.

La première commission avait pour mission d'oeuvrer en toute Indépendance à la réconciliation et au renforcement de la cohésion sociale entre toutes les communautés vivant en Côte d'Ivoire. Son rôle était également de créer les conditions d'une éradication de la violence et des violations des droits humains, en vue d'aboutir à la réconciliation des Ivoiriens et des Ivoiriennes. La seconde avait pour mission d'indemniser les victimes de toutes les crises survenues en Côte d'Ivoire, depuis l'Instauration du multipartisme jusqu'aux douloureux événements de la crise post-électorale de 2010-2011.

La CONARIV, pendant son mandat, a validé 316 954 dossiers sur les 874 056 soumis à la Cellule de vérification, soit 36 % des dossiers. 557 102 dossiers ont été rejetés, solt 64 %. Le rapport vous a été remis le 19 avril 2016. Malgré ces nobles initiatives qui sont à mettre à votre actif, les résultats obtenus n'ont malheureusement jusque-là pas répondu aux attentes réelles des populations. Compte tenu de la ferveur constatée autour de la présidentielle de 2020 par tous les partis politiques, le Forum des Organisations de la Société Civile Ivoirienne (FORSCI) s'est auto saisie de l'épineux problème de la réconciliation nationale, depuis ie 15 novembre 2017.

En effet, pour des élections apaisées, il est plus que nécessaire de créer les conditions d'une réconciliation qui intègrent tous les ivoiriens sans exception, avant l'échéance 2020. C'est ainsi qu'au nom de la société civile, le FORSCI a engagé des consultations des populations à travers le District d'Abidjan, à l'intérieur du pays et même chez nos frères en exil pour recueillir les avis des Ivoiriens sur la réconciliation et nous faire le devoir de vous remonter la volonté réelle du peuple. Excellence Monsieur le Président, nous sommes au regret de vous informer de la PERSISTANCE D'UNE CRISPATION SOCIALE qu'il nous a été donné de constater.

Nous vous informons donc qu'une partie de la population se sent toujours en marge du processus de réconciliation que vous avez voulu bien initier. C'est pour cela que dans l'atmosphère actuelle de contestations de tout genre, nous avons estimé qu'il fallait vous adresser ce courrier, en attendant que notre rapport détaillé vous soit adressé. Excellence Monsieur le Président, vous êtes le garant de la paix et de la stabilité. Vous êtes donc non seulement en droit de savoir ce que pense le peuple que vous dirigez, mais aussi de tenir compte de ses aspirations.

A l'issue de nos consultations, les populations du Sud, du Nord, de l'Est et de l'Ouest de la Côte d'Ivoire ont fait les principales propositions suivantes pour la réconciliation : - La libération des prisonniers de la crise post-électorale ; - L'annulation de tous les mandats d'arrêt ; Le retour sécurisé des exilés ; Le dégel des avoirs des opposants ; - L'indemnisation équitable de toutes les victimes.

Estimant que toutes ces propositions ne peuvent se régler que dans le cadre d'une amnistie générale, nous avons lancé le 25 janvier 2018 une pétition à cet effet, afin de jauger la volonté du peuple à faire table rase du passé pour aller à la véritable réconciliation. Cette pétition actuellement en cours enregistre plus d'un million de signatures. Excellence Monsieur le Président, vous seul pouvez prendre cette importante décision qui sera profitable à tous et à tous les protagonistes de la crise. A ce titre, le FORSCI sollicite votre indulgence en faveur d'une loi d'amnistie générale.

Pour rappel, dès son accession à la magistrature suprême, votre prédécesseur, le Président Laurent Gbagbo, après avoir lui-même reconnu avoir accédé au pouvoir dans des conditions "calamiteuses", a entrepris de colmater les brèches de la "muraille Ivoire.

C'est ainsi qu'un Forum de la Réconciliation Nationale fut organisé du 6 Octobre au 19 Décembre 2001. Cette grande messe avait pour objectif d'appeler à la repentance, à la vérité et au pardon censés mettre fin aux tensions socio-politiques qui avaient secoué le pays.

Chacun devait dire sa part de vérité, son amertume et sa vision pour la Côte d'Ivoire. Les quatre (4) protagonistes d'alors se sont succédés au pupitre : Aimé Henri Konan Bédié, Gueï Robert, Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo. À la fin du forum, les responsables ont remis officiellement un rapport de synthèse et leurs recommandations au Président Laurent Gbagbo.

Le directoire du Forum a proposé ses solutions à nombre de questions brûlantes, dont l'interminable querelle sur la citoyenneté d'Alassane Ouattara. « Au nom de la Nation, et au vu des documents qui lui ont été présentés, le directoire du Forum recommande aux autorités judiciaires compétentes de délivrer à Monsieur Ouattara un certificat de nationalité conformément aux lois et règlements en vigueur », a déclaré l'un des porte-paroles du Forum.

Ce dernier a justifié cette proposition en évoquant le fait que « les participants au Forum ont tous admis la nécessité d'un règlement définitif » de cette question. C'est, en tout cas, le vœu qu'avaient émis dans leurs interventions vos trois principaux adversaires politiques. A notre grande surprise, les attentes et les espoirs placés en ce forum se sont volatilisés neuf (9) mois plus tard par le déclenchement d'une mutinerie qui s'est muée en rébellion à partir du 19 Septembre 2002.

Qu'est-ce qui pourrait expliquer un tel revirement de situation ? À l'analyse des faits, c'est le manque de SINCÉRITÉ dans la mise en application de certaines résolutions de ce forum qui a déclenché les hostilités. Toujours dans le souci de sortir la Côte d'ivoire de cette zone d'incertitude, un accord sur le partage du pouvoir fut signé à Linas Marcoussis le 24 janvier 2003, suivis des accords d'Accra et de Pretoria. Ces accords ont eu pour point culminant l'accord politique de Ouagadougou (APO). L'APC a été signé le 4 mars 2007 par MM. Gbagbo, Soro et Compaoré, ce dernier en tant que facilitateur.

Cet accord portait sur le PROCESSUS ÉLECTORAL, le DÉSARMEMENT et la RÉUNIFICATION du pays. En conséquence de cet accord, le président Gbagbo a nommé Monsieur Soro Guillaume au poste de Premier ministre le 29 mars 2007 et a signé une mesure d'amnistie le 12 avril 2007. Lors de votre rencontre avec le corps préfectoral de 12 avril 2018, vos représentants de l'exécutif, vous ont soumis une requête allant dans le sens d'une amnistie générale pour la libération des prisonniers politiques.

Nous nous joignons au corps préfectoral qui travaille en toute impartialité comme la société civile et qui est imprégné des réalités ivoiriennes, pour vous demander une amnistie générale. Excellence Monsieur le Président de la République, cela fait sept (7) ans que vous présidez aux destinées de ce pays. Beaucoup d'efforts ont certes été faits en matière de droits de l'homme, mais nous vous en demandons un peu plus pour la réconciliation de tous les fils et filles de notre patrie. Cette réconciliation devrait sortir des slogans pour se traduire en des actes concrets dont le point de départ devrait être l'amnistie générale. Excellence Monsieur le président de la République, Vous êtes sans ignorer que dans un cas de belligérance, ce sont au moins deux (2) camps qui s'affrontent.

Récemment, une quinzaine d'ONGs nationales et internationales, dans une lettre ouverte datant du 08 mai 2018, ont décrié le caractère partial de la gestion de la crise ivoirienne. Constat idem pour de nombreux Ivoiriens de toutes tendances qui soutiennent que la justice, notre justice, ne poursuit qu'un seul camp, tandis que vos partisans bénéficient toujours « d'une présomption d'innocence », alors que les enquêtes de la CNE (Commission Nationale d'Enquête) que vous avez vous même réclamées révèlent qu'il y a eu des exactions dans les deux (2) camps.

Les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) sont responsables de la mort de 1.452 personnes (dont 1.009 exécutions sommaires), tandis que les Forces républicaines (FRCI) ont causé la mort de 727 personnes (dont 545 exécutions sommaires), selon les données citées par Mme Badjo, Présidente de cette commission. La politique a divisé des familles, des régions et le pays tout entier. La raison est simple : le mal a pris le dessus et le respect des règles a disparu. La situation est vraiment lamentable et désastreuse car les bourreaux se prennent pour des victimes.

Ce qui en rajoute à la rancœur des uns et des autres. Excellence Monsieur le Président, Les expériences d'autres pays à travers le monde nous renseignent que les processus de réconciliation sont, par nature, complexes et passent souvent par plusieurs étapes qui peuvent se révéler comme des opportunités tout comme elles peuvent constituer un dilemme pour tout un peuple. Il ressort des consultations du FORSCI, à travers le pays, une proposition qui fait l'unanimité : Une LOI D'AMNISTIE pour absoudre tous les camps.

L'Amnistie n'est pas une prime à l'impunité mais un acte de Grandeur qui vise à TOURNER DÉFINITIVEMENT LA PAGE en effaçant toutes les RANCOEURS et tous les ressentiments. C'est un acte qui apaisera définitivement tous les cœurs et disposera le peuple dans son entièreté au pardon.

Cela, à n'en point douter, permettra de résoudre tous les problèmes et lever tous les obstacles à la réconciliation VRAIE et DURABLE, car une personne sur laquelle plane une incessante menace d'arrestation ou poursuite judiciaire comme une épée de Damoclès, ne peut être disposée à aller à la réconciliation avec un cœur sincère. Les proches de cette personne également.

Excellence Monsieur le Président de la République, Le Peuple a besoin de paix et de tranquillité. Les douloureux événements de 2010-2011 ont laissé des traumatismes qui tardent à se cicatriser. Nous ne voulons plus d'heures sombres pour la Côte d'ivoire. Acceptez s'il vous plait ce SACRIFICE SUPRÊME qui pansera les plaies et apaisera les cœurs.

Comme le rappelait si bien Mgr Desmond Tutu qui a dirigé la Commission Vérité de l'Afrique du Sud, dans son célèbre ouvrage « il n'y a pas d'avenir sans pardon » : « Nous avons gardé le silence et nous avons regardé droit dans les yeux de la bête immonde de notre sombre passé. Ayant surmonté cette terrible épreuve et prenant conscience de notre commune humanité, nous commençons à réaliser que nous sommes capables de surmonter les affrontements d'hier et nous tendre la main...Nous avons ainsi contribué à promouvoir l'unité nationale et la réconciliation ».

C'est sur cette citation que nous voudrions terminer ce courrier. En ce mois de Ramadan, période de piété et d'expiation des fautes, tout en souhaitant que le Jeûne, la Prière et le Pardon nous accompagnent tous vers cet Idéal de Réconciliation que nous appelons de tous nos vœux. En espérant que vous accorderez une attention particulière à notre demande, veuillez agréer Excellence Monsieur le Président de la République, l'expression de notre haute considération.

PRÉSIDENTE

Pulchérie Edith Gbalet

 

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