CONTRIBUTION / L’Afrique : A quand la prise de conscience ? Par le ministre Justin Katinan Kone

LE Ministre KONE KATINAN explique ici l'essentiel des rapports entre l'Afrique et les Occidentaux

Dans cette analyse pointue le Porte Parole du President Laurent GBAGBO decortique l'actualite internationale en liaison avec notre Afrique qui demeure encore sous domination des forces occidentales predatrices . Abreuvez vous pour en tirer toutes les lecons .

 

Il y a 120 ans, deux missions colonisatrices, pour le compte de deux puissances européennes, ont failli déclencher une guerre entre la France et l’Angleterre pour le contrôle d’un petite bourgade soudanaise appelée Fachoda, rebaptisée aujourd’hui « Kodok ». L’affrontement a été évité de justesse lorsque la France retira ses troupes de ce lieu le 3 novembre 1898. 120 ans après, cette fois, une coïncidence de calendriers a failli déboucher sur un télescopage diplomatique entre deux grands dirigeants de deux puissances européennes, en mission de repositionnement de leurs pays sur le continent africain.

 

Les acteurs ont changé mais l’esprit des deux missions a traversé les âges sans se détériorer. La Chancelière allemande, Angela Merkel et la Première Ministre Britannique, Theresa May semblent avoir décidé de se « mesurer », pour reprendre une expression en vogue actuellement en Côte d’Ivoire, sur le continent africain. La concomitance de leurs calendriers ne procède pas d’un simple hasard. Ces dirigeants ont les meilleurs réseaux d’informations et il semble quasiment impossible que l’une des deux puissantes femmes du monde puisse ignorer ce que l’autre entreprend, surtout à ce haut niveau diplomatique. Il y a une contingence particulière qui semble avoir justifié le calendrier des deux dirigeantes européennes en Afrique : le 7ème Forum sur la coopération sino-africaine du lundi 3 septembre 2018. La présence affirmée de l’empire du soleil levant en Afrique attise les rivalités entre les autres puissances conquérantes du continent noir. Et l’une de ces rivalités, et non la moindre actuellement, est la rivalité germano-britannique.

Autant dire que de nombreux enjeux se cachent derrière la compétition diplomatique que se mènent les deux grandes dames européennes sur le Continent africain. Mais qui peut en vouloir à ces deux chefs de gouvernements d’œuvrer pour l’intérêt de leurs peuples respectifs ? C’est bien pour cela qu’elles ont été élues. En revanche, la problématique majeure est de savoir si les dirigeants africains ont une pleine conscience de la toile d’araignée qui se renforce autour du continent et de l’impérieuse nécessité, pour eux, de la contenir le plus rapidement possible au risque de compromettre définitivement le sort des peuples africains ? Rien n’est moins sûr.

  1. Les enjeux d’un Fachoda bis version germano-britannique 
    Deux évènements majeurs survenus en 2016 continuent de tourmenter le sommeil des dirigeants de l’Union européenne en générale, et celui de l’Allemagne qui utilise, sans arme, l’UE comme piédestal pour se hisser au sommet de toute l’Europe. Il s’agit de la sortie de l’Angleterre de l’Union européenne (Brexit) et l’élection de Donald Trump, un anticonformiste aux Etats Unis d’Amérique.
    Même si les europhiles tentent de minimiser le Brexit, ils ne peuvent pas cacher longtemps leurs inquiétudes après le départ de l’Angleterre, deuxième puissance économique, de l’UE. Et leurs inquiétudes prennent de l’ampleur depuis que l’opportuniste Donald Trump tente de tirer le meilleur parti de cette déconvenue européenne pour le compte de son pays. Alors que l’administration Obama, officiellement, a milité fortement contre le Brexit, Donald Trump trouve là une occasion pour affaiblir davantage l’Europe, lequel affaiblissement ne se fera qu’au profit des Etats Unis d’Amérique.

 Tout en ressuscitant la doctrine Monroe (l’Amérique aux Américains) qu’il essaie de réadapter, Trump a en ligne de mire la fragilisation des puissances concurrentes par une politique de protectionnisme qui pourrait mettre à mal les fondements de l’euphorique mondialisation incarnée par l’OMC. Le relèvement des tarifs douaniers, pour certains produits entrant sur le très convoité marché américain, se présente comme une sorte d’hérésie contre l’orthodoxie mondialiste, surtout quand cela provient de l’une des puissances promotrices de la mondialisation. En portant respectivement à 10% et à 25% les tarifs de douanes sur l’aluminium et l’acier, Trump veut rendre très peu compétitifs ces deux produits importants pour l’industrie américaine, et obliger ainsi ses concitoyens à ouvrir de nouveaux hauts fourneaux à l’effet de produire in situ lesdits produits. L’enjeu principal de ces mesures est la lutte contre le chômage que le Président américain entend gagner. Même si, de façon absolue, l’impact d’une telle mesure sur l’Union Européenne, prise dans son ensemble, reste faible du fait que l’Europe se positionne loin derrière la Chine en termes d’exportation d’acier et d’aluminium, un pays comme l’Allemagne, en revanche, reste très touché par cette mesure. Elle est la première productrice et exportatrice de l’UE de ces produits vers les USA. C’est à ce niveau que la jonction entre Américains et Anglais peut faire mal aux Allemands. Affranchis de toute limite du fait de sa sortie de l’UE, l’Angleterre garde toute la latitude de négocier bilatéralement avec les Etats Unis d’Amérique. L’accueil chaleureux et haut en couleurs réservé à Donald Trump à Londres reste un signal fort d’une probable entente anglo-américaine au détriment de l’Europe. Une telle entente a coûté cher à l’économie allemande à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle.

Angela Merkel ne peut ignorer le rôle joué par le milieu financier et économique anglo-américain dans la Grande guerre qui avait coupé les ailes à l’essor économique de l’Allemagne. Dans ces conditions, il ne reste plus à Angela Merkel que deux options, sinon trois.
- Négocier directement et de façon bilatérale avec Trump. Une telle option serait un énorme coup porté à la cohésion européenne ;
- Pousser l’UE à affronter en bloc les USA. Des pays comme la France, qui exporte très peu d’acier et d’aluminium, seraient réticents à s’engager dans une bataille sans véritable intérêt pour elle et qui risque de lui fait perdre gros.

- Scruter de nouveaux horizons pour ne pas se laisser enfermer dans le piège infernal vers lequel l’on pousse son pays.

C’est apparemment cette option que semble favoriser Merkel. L’horizon le plus facile à atteindre par elle reste le continent africain qui se complait dans son double rôle de pourvoyeur de matières premières et de marché de produits manufacturés. Le marché africain, porté par l’endettement massif de ces dernières années, reste florissant pour les industriels occidentaux. C’est aussi cette appétence pour les produits industriels, que l’Afrique refuse de produire sur place, qui attire aussi Theresa May. Elle doit combler rapidement la part du marché européen perdu par son pays du fait du Brexit. Après avoir organisé une grande réunion du Commonwealth à Londres en avril 2018, May se rend en personne en Afrique pour certainement marquer encore davantage son territoire africain et rappeler à Angela Merkel que l’Allemagne n’a plus de colonie en Afrique depuis 1918.
Si elles compétissent sur le plan économique, les deux grandes Dames sont au moins convergentes sur la question de l’immigration. Cette question ne peut manquer dans l’agenda de May et de Merkel, un peu plus dans celui de la dernière citée. La dernière menace de quitter le gouvernement, proféré par le ministre de l’intérieur allemand Horst Seehoter à cause de sa mésentente avec Merkel sur la politique migratoire, fragilise davantage cette dernière. La migration est devenue le talon d’Achille de la gouvernance Merkel. Comme quoi, l’ordre ancien selon lequel : on aime plus leurs matières premières que les Africains eux-mêmes, reste d’actualité. Seuls les dirigeants africains croient le contraire.

 

II. L’Afrique : prendre conscience ou périr

Alors que l’ordre politico-financier d’après 1989 (chute du bloc communiste) s’étouffe et que le monde s’achemine vers une multipolarisation des relations internationales, comme l’illustrent les crises ukrainienne, syrienne, et celle qui s’annonce en Iran, le leadership africain semble être en panne d’inspiration. L’ambitieux programme du continent élaboré par l’UA pour l’horizon 2063, qui correspond au centenaire de l’organisation africaine, ne peut suffire à lui seul à effacer tous les doutes sur la capacité des Africains à assoir une maîtrise sur leur propre destin. Ayant fait l’option de faire la manche collective ou individuelle auprès de ses nombreux amis, qui sont tout autant des ennemis entre eux, le continent africain s’engage délibérément sur un chemin très dangereux. L’impasse n’est plus loin. En effet, dans les rapports entre nations, nul ne donne de façon désintéressée à autrui. IL y a toujours une contrepartie. Or, ce que l’on demande de plus en plus à notre continent compromet, à terme, la souveraineté des nations africaines, donc leur existence même en tant que sujet actif des relations internationales. La dette en elle-même est déjà un instrument de vassalisation. Mais ajouté à cela, les supposés amis et autres donateurs nourrissent un appétit de plus en plus vorace des terres africaines.
Le sommet sino-africain de ce mois de septembre a enregistré une affluence record, certainement plus importante que certains sommets des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA. Et pour cause : la Chine, le nouvel ami africain, qui invite. 53 pays africains présents. Autant dire que personne n’a manqué à l’appel. En retour, la Chine ouvre grandement son trésor à ses « amis » africains. 60 milliards $ dont 15 milliards en dons divers pour accompagner le continent noir sur son difficile chemin de développement. Or, la Chine est déjà quasiment « propriétaire » de plusieurs pays en Afrique. Par exemple, avec 66¨% du volume global de la dette d’un pays comme la république du Congo, la Chine peut raisonnablement réclamer un droit de préemption sur tous les biens de ce pays.
Mais le dernier sommet Sino-Africain pourrait donner quelques insomnies aux dirigeants africains. La Chine commence à s’interroger sur la solvabilité de ses débiteurs africains. Jusqu’à une date très récente, la Chine se soucillait très peu de ce critère très gênant pour les Africains. Il faut bien dire que beaucoup de prêts chinois ressemblaient beaucoup plus à des opérations de troc (échange de biens contre biens) ; la Chine réalisait des infrastructures contre les matières premières. Or, tout le problème avec la dette en Afrique est lié à son insoutenabilité qui, elle-même, est révélatrice de l’insolvabilité des débiteurs africains. Les ratios indicateurs des performances économiques des pays africains sont biaisés, pour rester dans l’euphémisme. La croissance d’un pays comme la Côte d’Ivoire est portée par la dette qui ne s’appuie pas sur une production économique interne conséquente. L’investissement de la dette dans des projets, qui ne peuvent assurer eux-mêmes le remboursement de ladite dette, compromet gravement la solvabilité des Etats africains. La porosité des frontières fiscales, la générosité des codes d’investissement ajoutée à la structure même des économies africaines empêchent une optimisation de l’impôt. Dans ces conditions, la dette africaine devient un serpent de mer qui se mord la queue. Tous les pays africains, qui ont bénéficié du programme d’allègement de la dette, ont reconstitué leurs stocks de dette d’avant PPTE à un rythme qui inquiète tous les créanciers, y compris les plus dociles comme la Chine. Au lieu de profiter de cette remise des dettes pour opérer une transition économique, ce qui est à la portée de pays comme la Côte d’Ivoire, les pays africains sont restés collés à leur statut de producteurs de matières premières avec une agriculture qui continue de se faire avec les méthodes préhistoriques. A titre de comparaison, le Plan Marshall avait permis à des pays encore agricoles comme la France, au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, d’opérer une transition économique en transformant en profondeur son outil de production industrielle et agricole. Le stock de la dette ivoirienne, qui est passé d’environ 4000 milliards en 2012 à autour de 12 000 milliards, ne peut laisser une personne rationnelle indifférente.
Les méthodes chinoises ne sont pas aussi sans reproche quant à l’insolvabilité de ses débiteurs africains. Le système des infrastructures clé à main, réalisées entièrement par des entreprises chinoises avec le plus souvent des matériaux et une main-d’œuvre exportés de Chine, ne peut participer au dynamisme de l’économie de ses amis africains. On ne le dira jamais assez, l’intérêt économique des grands travaux d’infrastructures réside dans leur capacité à porter la production économique d’un pays à condition que ces travaux soient réalisés par des entreprises nationales. Dans ces conditions, ces grands travaux fonctionnent comme une source d’eau qui irrigue, par plusieurs connexions, tout le réseau de production nationale. Dans le cas contraire, ils deviennent une source stagnante qui finit par s’évaporer, laissant les autres parties, y compris les plus voisines, dans l’aridité. Au bout de compte, les infrastructures ne peuvent plus être entretenues ou rénovées correctement à partir des gains générés par leur exploitation. Il faut encore recourir à la dette pour ces tâches. Voilà l’une des raisons majeures de la dégradation précoce desdites infrastructure, l’autre raison majeure étant la corruption.
La facilité d’endettement plonge finalement les dirigeants africains dans une sorte de paresse dans la réflexion pour prendre des initiatives courageuses afin de transformer en profondeur les économies africaines. N’ayant pas l’initiative des choses, les pays africains subissent les initiatives venues de leurs « amis ». Pour illustrer cette réalité, il suffit de regarder les chemins de fer de la plupart des pays d’Afrique. Ces chemins, hérités de la colonisation, sont totalement abandonnés. Parce que les essieux des nouvelles locomotives et ceux des voitures (wagons) modernes ont des écarts qui ne correspondent plus aux écarts des rails. Il faut donc corriger les rails, acheter de nouveaux trains adaptés en attendant que de nouvelles générations de trains viennent encore remettre en cause les nouveaux écarts de rails. Ainsi va la vie des pays qui reposent tout leur développement sur le savoir-faire et les moyens des autres. Le prix à payer est parfois très lourd. Et l’Afrique risque de se dépouiller de ses terres pour assurer son développement.
En novembre 2017, le Chef de l’Etat ivoirien s’est rendu en personne à Washington pour participer à une rencontre qui s’inscrivait dans le cadre des négociations au titre du Millenium Challenge Corporation (MCC). L’enjeu qui a valu le déplacement du Chef de l’Exécutif ivoirien était de taille. La Côte d’Ivoire devait recevoir un don du Millenium Challenge Account (MCA) de 524, 740 millions $ (soit environ 300 milliards de FCFA) sur la période 2018 à 2024. Ce don est réputé affecté à l’amélioration des infrastructures scolaires et au secteur du transport. Pour mémoire, c’est à la conférence sur le développement durable, tenue à Monterrey au Mexique, que Georges W. Bush a lancé l’appel pour un nouveau contrat pour le développement durable. En 2004, il décide de créer une ligne budgétaire qu’il appelle Millenium Challenge Account (compte pour les défis du millénaires). Il s’agit d’un programme bilatéral d’aide et de lutte contre la pauvreté qui s’exécute en deux phases suivant plus ou moins le schéma du PPTE. Il y a l’étape dite du seuil ou stade de l’initiative et le second volet dit compact du programme MCC. Tous les pays africains, notamment ceux de l’Afrique subsaharienne, se sont rués sur ce programme. Pourtant, les conditionnalités de ce programme sont, à certains égards, assez draconiennes pour les pays africains. Au titre de la liberté économique exigée en retour des pays bénéficiaires de ce programme, figurent les droits fonciers. Les pays africains sont sommés de prendre des législations souples en matière d’accès aux terres. Il convient de rappeler que depuis la crise des hypothèques (appelée subprimes crisis) de 2008, les nombreux fonds américains ont accru leur appétit pour les terres africaines. Une cagnotte de 15 milliards $ est prévue pour l’achat des terres en Afriques. Les Etas africains sont donc poussés pour adopter des législations orientées vers ce but.
Les Américains ne sont pas les seuls intéressés par les terres africaines. Depuis 2010, tous les programmes économiques avec la Chine ont une dimension relative à l’accès aux terres agricoles. L’on évalue à plus de 20 millions les hectares de terres arables africaines déjà cédés aux multinationales étrangères. Le Ghana a déjà cédé 400 mille de ses terres. L’Ethiopie est dans la tête de peloton des vendeurs des terres. En 2016, une guerre civile a failli éclater à Madagascar lorsque le gouvernement de la grande ile a décidé de céder plusieurs millions d’hectares à la multinationale sud-coréenne Daewoo. La révolte des paysans a failli tourner à une guerre contre leur propre gouvernement. Le drame que vivent les populations de Famienkro, dans le département de Prikro, illustre les temps sombres qui s’annoncent pour nos populations. Dans ce village, les paysans se sont vu déposséder de 11 000 hectares de leurs terres au profit d’une multinationale belge SIAT qui y exploite de l’hévéa. Les récriminations des populations sur cette allocation d’une partie de leurs terres à une multinationale sont restées sans suite. Cette allocation s’est-elle faite avec ou sans le consentement des propriétaires terriens ?
Aucun gouvernement africain au sud du Sahara n’est en reste des fameux programmes fonciers dits modernes. En constitutionalisant cette question en 2016, le gouvernement ivoirien s’inscrit dans la logique de la libéralisation de l’accès aux terres afin de bénéficier, entre autres, du volet compact du MCC.
La colonisation à la canonnière cède sa place à celle du dollar.
L’Afrique ne peut pas continuer sur cette lancée. Elle est intenable. L’Afrique ne peut continuer d’abandonner les initiatives pour son bonheur à d’autres. Des initiatives courageuses méritent d’être prises pour changer le destin tragique de notre continent qui se dessine devant nous. Il y a urgence à revenir aux fondamentaux de tout développement qui reposent avant tout et surtout sur l’énergie et le savoir-faire endogène. Il faut avoir le courage d’expliquer aux peuples africains qu’il n’y aura jamais de dirigeant messianique, avec une baguette magique, ayant à lui seul toutes les solutions d’un pays. Il faut leur expliquer qu’il va falloir faire d’énormes sacrifices pour bâtir un nouveau contrat social axé sur nos valeurs, nos intelligences et nos audaces. Le vrai dirigeant de demain sera celui qui aura le courage de tenir ce discours et d’y obtenir l’adhésion du peuple. Le temps des faiseurs des miracles est révolu. Il n’y en a jamais eu, il n’y en aura jamais et l’Afrique n’en a pas besoin. Mais les décideurs courageux et audacieux sont attendus. Sinon le Fachoda Merkel/May pourrait annoncer des jours sombres pour notre continent. Parce que le seul mendiant connu qui est devenu riche et heureux l’a été après sa mort. Il semble qu’il s’appelait Lazare.


Ministre Justin Katinan KONE 
Vice-Président du FPI chargé de l’économie et de la Finance international

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