Les "élections" en Côte d’Ivoire. Le sort du PDCI et des sous-fifres de Kigbafori Soro. Par T. Briga

SORO ET BEDIE DEUX LUGUBRES ASSOSICES

  

A force de se mentir à soi-même, on finit par croire à ses mensonges. En se complaisant dans la souillure de l’artifice, on cherche même à en convaincre la terre entière,  pour qu’elle suive et accepte ce cosmos du mirage. Englué dans ce monde du faux, le traître tout comme le menteur obéissant à la même logique de la duperie, habitent toujours dans le même espace. Ces illusionnistes bâtissent des scenarii tout aussi loufoques  que débiles pour s’attirer la sympathie de leurs contemporains. Malheureusement, ils ignorent la capacité de la nature a toujours reprendre ses droits, à faire éclore la vérité. Ainsi le monde réel finit par dénuder le factice. Une élection traduit un choix par un vote face à plusieurs types de propositions de projets  de société. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, les projets n’existent pas ou s’ils existent, ils sont difficilement identifiables.

 

En Côte d'Ivoire où le faux gangrène la société, l'élection sert d’alibi, pour conférer un semblant de légalité à des nominations  de complaisance sur des postes électifs. Par ce moyen, le pouvoir dispose d'un atout pour obliger celui qui envisage d'entrer en politique, d'adhérer au rdr. Et ils sont nombreux, prêts à sacrifier  dignité, honneur, père et mère pour quelque poste. Des aventuriers sous couvert du terme d'indépendants ont abusé des citoyens pour avoir leurs votes. Une fois élus, les voici tels des gueux, en rangs serrés, et sans vergogne, courir à la mangeoire pour prêter allégeance et se vendre au régime. Ils ont étalé leur misère morale et confirmé l'emprise du régime sur la conscience des cupides.

 

Pendant ce temps, les anciens cadors, en rupture de ban avec le régime, s’agitent et  mènent un combat d’arrière-garde pour leur propre survie.

 

 

Bédié et Soro se croient trahis et se révoltent.

 

Il semble que leurs révoltes actuelles ne soient que des soubresauts de ceux à qui la gamelle a été retirée. Si la tontine avait fonctionné et que Dramane Ouattara avait décidé de soutenir Bédié pour 2020, tout ce tohubohu n’aurait pas eu lieu. En quête de bouée de sauvetage, le voici qui réclame même la libération des prisonniers politiques dont il ne s’était jamais soucié auparavant. Il découvre soudainement les défauts du régime qu’il a servi avec zèle. Quant à Soro Kigbafori, s’il avait hérité de la vice-présidence, à la place de Duncan, toute sa bile se serait également apaisée. Leur démarche s’apparente plutôt  à un geste égoïste. Et le peuple n’y gagne rien. D'ailleurs ils ne parlent jamais de peuple.

 

Ils livrent bataille avec férocité, pour s’approcher de la table des victuailles de laquelle, ils pensent avoir été éloignés. Peut-être qu'ils nourrissent en secret, l'espoir de prendre une revanche sur leurs anciens commensaux.  La boulimie de se servir eux-mêmes, pourrait expliquer leur attitude. Car, il n’existe aucune différence de programme, ni de projet de société, entre Bédié, Soro et Dramane. Leur dénominateur commun réside dans la sauvegarde de leurs propres intérêts et ceux de leurs clans. Quand à ceux du peuple, ils attendront.

 

S’il s’était réellement agi de la défense de l’intérêt général, de proposer un nouveau modèle de société aux ivoiriens, Bédié et Soro auraient exigé et conditionné tout processus électoral à la réforme de la cei boiteuse de Bakayoko, la réfection de la liste électorale, sans oublier le découpage des circonscriptions. Le PDCI et les anciens rebelles convertis, savaient que la cei était un instrument au service du pouvoir. Sa vocation ; annoncer de faux taux de participation, fabriquer de faux résultats…

 

Tout en le sachant, les deux compères ont décidé de présenter des candidats. Ils pensaient être plus malins pour gruger le pouvoir. Au vu des résultats proclamés par la cei, trafiqués ou pas, le PDCI et les Soroïstes doivent accepter leur défaite dans les urnes et non geindre et dénoncer une cei aux ordres. A supposer la cei aux ordres, qu’ils s’en prennent d’abord et  avant tout, à eux-mêmes, à leurs propres turpitudes, quand en 2010, par un soutien immodéré, ils portaient à bout de bras et d’armes, l’arrivée de ce régime. Le PDCI a coprésidé  et cogéré la cité ivoire. Soro le bras armé et personnage important de ce régime y a été étroitement associé.

 

Il semble donc difficile d’admettre, qu'ils puissent aussi facilement se soustraire de leur part de responsabilités, parce que les circonstances leur sont devenues aujourd'hui  défavorables. On se remémore le cavalier seul de ce même Bakayoko, donnant des résultats présidentiels bricolés, dans un lieu insolite, avec la complicité et bénédiction du PDCI et du rebelle Soro triomphant à l’époque.

 

 

Le PDCI refuse tout rapport de force.

 

Les résultats des élections présidentielles de 2010 proclamés nuitamment, à l’hôtel du golfe, siège d'un candidat avec l’aval du parti de Monsieur Bédié, qui, à l’époque appuyé sur le bras du crime, c’est-à-dire Soro, applaudissait de ses deux mains. L'adoubement de cet agissement initial, vicié, semble avoir constitué l'acte fondateur (la naissance) de la fraude électorale dans le pays. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme comme dirait Lavoisier, il aurait pu ajouter que tel un boomerang, toute manœuvre dolosive, destinée à tromper ou à nuire à autrui, vous revient inévitablement à la figure, principe vulgarisé sous le nom de loi du Karma.

 

Tout semble indiquer que le PDCI vit dans une sorte de déni. Qu’il cherche à ruser avec la réalité. Il se trompe lui-même. Ce parti réclame la réformation de la "cei", un découpage sincère des circonscriptions et la révision de la liste électorale, rejoignant ainsi les autres partis qui ont fait de ces revendications un préalable, pour participer à un quelconque scrutin. Malgré ces propres exigences, le PDCI a présenté des candidats sous le chapeau du rhdp/rdr pour avoir des sénateurs. Le régime lui a octroyé 26 sièges sur 99 sièges en récompense de sa serviabilité.

 

Mais quand ces 26 sénateurs dont 6 indépendants, ont décidé de créer un groupe distinct de celui du rhdp, d'obscures raisons ont été soulevées pour freiner le fonctionnement de ce sénat. Ces velléités d'autonomie ont déplu au maître rdr. Les prérogatives de cette institution ont été illico presto transférées à l'assemblée nationale, la docile et muette chambre d'enregistrement.

 

Puis l'espoir semble être réapparuquand lors de son congrès extraordinaire, le PDCI a décidé de se retirer du Groupement Politique rhdp. Et soudain, patatras. Ceux qui croyaient à la rédemption du PDCI sur la voie d'un réel affranchissement, pour se ranger du côté du peuple, pour le changement de régime ont été déçus.

 

Instruit de leurs déboires des sénatoriales, et s'appuyant sur cette nouvelle séparation, on pouvait raisonnablement envisager que le PDCI rejette l'idée de toute élection tant que les conditions de leur transparence ne seraient pas réunies et garanties. Quitte à engager un rapport de force. En d'autres termes, demander à la population de ne pas de se faire les complices de la fraude; de ne donc  pas s'inscrire sur des listes électorales déjà frelatées et de refuser de participer à des élections spécieuses, en suivant l'exemple du FPI tendance Sangaré. Que nenni !  

 

Si le PDCI avait adopté un tel comportement, avec un ton ferme et s'était rallié aux positions prônées  et défendues depuis par le FPI/Sangaré, le régime rdr aurait peut-être été contraint de changer son fusil d'épaule pour ouvrir des négociations. Les combats perdus sont ceux qui n'ont pas été livrés. Cette bataille n'a pas été menée. Le PDCI attend son Godot. Il attend que le pouvoir lui soit remis par le bon vouloir du rdr. 

 

Préoccupé qu'il est par de petits calculs de gestion de carrière individuelle, le PDCI a peur de froisser le pouvoir. Il a donc contourné l'obstacle du rapport de force, par des éléments de langage bien rôdés, dont le parti détient un éventail sans doute infini; en servant au peuple, après son "fameux" appel de Daoukro, un autre type de laïus genre "Le PDCI n’a pas la culture du boycott"; pour aller se fourvoyer dans de prétendues élections dont il n’ignorait pas les dés pipés, et dont les résultats ne pouvaient qu’être truqués.

 

 

Cessez les pleurnicheries.

 

Le spectacle est attristant avec autant de vies sacrifiées pour de simples élections locales. Qu'en sera-t-il en 2020.

 

Le sort réservé aux candidats non étiquetés rdr, décrit cette désolation. Le PDCI pleure sur les renversements des résultats qui lui seraient favorables pour être attribués aux candidats du pouvoir. Encore plus drôle, les candidats dits de la mouvance Soro Kigbafori, les néophytes de la non-violence, aussi se plaignent d’avoir été volés. Ils déplorent l’enlèvement de leurs émissaires dans certains bureaux de vote, ponctué par l’assassinat et disparitions de quelques-uns. Tout cela est certes pitoyable, et on peut y compatir, mais comment pouvait-il en être autrement, quand on se souvient qu’Abobo a été un laboratoire où toutes les techniques de cruautés ont été élaborées et expérimentées.

 

Eux qui hier, pour chasser le Président Gbagbo du pouvoir, ont inventé et usé de ces procédés sordides, (viols, enlèvements, égorgement d’êtres humains comme des moutons et de toutes sortes de sévices…) surtout dans la commune d’Abobo, où des gangsters semaient la terreur sous le curieux pseudonyme de commandos invisibles, tremblent et geignent aujourd’hui comme de petits gamins apeurés, quand les barbaries qu’ils ont créées, croyant ne jamais avoir à les subir, leur sont appliquées par leurs propres amis.

 

Cessez donc de pleurnicher, de verser des larmes de crocodile. Après tout, personne ne vous a obligés à présenter des candidats avec cette cei. Ce sont les conséquences du pacte que vous avez conclu avec le diable.

 

 

Par T. Briga

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